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Traitement antibiotique sélectif au tarissement chez la vache laitière : enquête auprès des éleveurs


Traitement antibiotique sélectif au tarissement chez la vache laitière : enquête auprès des éleveurs

Des étudiant.e.s d'AGROCAMPUS OUEST ont réalisé une étude auprès d'une cinquantaine d'élevages bovins laitiers afin d'identifier les freins et motivations à l'adoption du traitement antibiotique sélectif au tarissement chez la vache laitière.


Depuis les années 1960, le traitement antibiotique systématique s'est progressivement imposé comme solution pour prévenir et guérir les infections mammaires au tarissement chez la vache laitière. Alors que la filière laitière est à la recherche de stratégies pour réduire l'usage des antibiotiques, la mise en place d'un traitement sélectif pour prévenir les risques de nouvelles infections est un levier majeur pour répondre à cette préoccupation. Le traitement sélectif consiste à traiter avec des antibiotiques seulement les vaches infectées, et à utiliser d'autres méthodes pour limiter le risque d'infections (pas de traitement, obturateur).

Dans le cadre de l'axe de recherche "Santé animale" de la Chaire AEI, 4 étudiant.e.s d'AGROCAMPUS OUEST spécialisé.e.s en productions animales ont mené une enquête auprès d'éleveurs bovins laitiers, afin d'étudier les pratiques de traitement antibiotique au tarissement chez la vache laitière. L'objectif : déterminer les principaux freins et les motivations à l'adoption du traitement sélectif, en vue d'accompagner le passage au traitement sélectif pour un nombre croissant d'éleveurs.

54 éleveurs et éleveuses des coopératives Agrial et Triskalia, membres de la Chaire AEI, ont été interrogés sur leur exploitation par les futurs ingénieurs. De façon générale, la majorité des éleveurs interrogés se disent prêts à réduire leur utilisation d'antibiotiques dans leur élevage et/ou mettent déjà en place des stratégies alternatives.
Pour les éleveurs qui mettent en oeuvre un traitement sélectif, l'enquête a permis de mettre en lumière la diversité des pratiques et des motivations des agriculteurs. Parmi ces dernières, le gain économique et la nécessité de lutter contre l'antibiorésistance sont les plus partagées. Le risque sanitaire, à mettre en lien avec le coût d'une infection mammaire, est le premier frein exprimé par les éleveurs n'ayant pas encore mis en place le traitement sélectif au tarissement. D'autres freins technico-économiques ou psychologiques ont également été mis en évidence par l'enquête.

La gestion du risque apparaît ainsi comme un enjeu primordial pour faciliter la diffusion du traitement sélectif, tout comme la nécessité d'assurer un état sanitaire irréprochable du troupeau. L'échange d'expérience entre éleveurs et une évolution du conseil apporté aux éléveurs sont également des pistes identifiées par l'étude pour accompagner le changement de pratiques.

En savoir plus : Cette étude a été réalisée par Apolline Bleuse, Paul-Alexandre Guevellou, Wendy Lonis et Alexine Woiltock, et encadrée par Vanessa Lollivier et Catherine Disenhaus, enseignantes-chercheuses à AGROCAMPUS OUEST, avec la participation de Cyril Urlande, vétérinaire conseil chez TRISKALIA, Marc Boudry, vétérinaire conseil chez AGRIAL, et Nathalie Bareille, enseignante-chercheuse à ONIRIS.

Publié le 12/02/2019

Crédit photo : CC0 Pixabay



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